Les reflets de la Lune scintillaient dans les flots,

Recouvrant de douceur cette onde si paisible,

Et la sérénité baignait dans un halo

De lueurs miroitant sur les vagues visibles

 

Depuis l’appartement où elle se tenait.

« Quel éclat, se dit-elle, quelle douce lumière ! ».

En son for intérieur, la vieille dame savait

Que l’astre écoutait tout : les secrets, les prières,

 

Les sanglots, les douleurs, le plus infime espoir.

Quand le jour s’endormait, les songes prenaient place

Dans les bras de la nuit, et montaient dans le noir,

Jusqu’à l’astre luisant. Ils arrivaient en masse

 

Jusqu’à la Lune-mère. Dans ses rayons d’argent,

Ils venaient se jeter, cherchant la confidente,

Priant sa protection, d’émotion la chargeant,

Quand au cœur de l’obscur, elle brillait, confiante,

 

Sereine et attentive. Elle était le témoin

De chaque acte produit, de chacun de nos rêves.

Elle connaissait tout, ne savait rien de moins

Que n’en sait l’inconscient. Elle écoutait sans trêve,

 

Durant toute la nuit, et ne se reposait

Qu’au lever de son frère. En reflets d’espérance

Elle berçait le monde et toujours se taisait,

Bienveillante déesse qui de par son silence

 

Tentait de comprendre, s’abstenant de juger.

Et ses reflets, ce soir, étaient si apaisants !

Elle ferma les yeux, et cessa de bouger.

Son âme rejoignit cet astre si luisant.