Brèche au cœur de l’âme où s’engouffrent tous les maux

Emplissant de fatigue un corps qui n en peut plus :

Fragilité pesante, quand les autres, sans mots,

Avancent simplement lorsqu’il a autant plu

 

Dans leurs vies qu’au balcon de mes envies d’ailleurs,

De rêve ou même encore d’être une autre personne ?

Qui pourrait supporter de se voir ainsi : fleur

Déjà fanée avant que son heure ne sonne ?

 

Ou sont-ce ces croisades que d’autres pourtant

Affrontent chaque jour qui dans mon cœur deviennent

Cette enclume qui encre mon être au sol tant

Les combats furent durs ? Est-ce cette rengaine

 

Que me chante mon manque d’estime si profond ?

Pourquoi toujours faiblir au moindre vent qui tourne 

Quand les autres, debout, restent forts aux tréfonds

De leur propre tourmente ? Les tâches qu’on ajourne

 

Me regardent de haut et rient avec mépris

De me revoir encore allongée et si blême.

Fragilité qui gagne lorsque plus aucun cri

N arrive à soulager ce mal être qui sème

 

En moi ses graines d’abandon: je te déteste

Et rêve de t anéantir ! Mais je n ai pas la clé

Qui ouvrirait le coffre qui toujours se leste

Un peu plus d un peu rien, de l’émotivité

 

Qui vient gâcher encore un tout nouveau printemps,

Du doute qui m obsède en chacun de mes actes,

De la peur de mal faire, ou l encrage du temps

En plaies encor béantes,  et l’envie se rétracte

 

Comme l’escargot fuit vite pour se cacher.

Le corps n’est plus qu’un poids que chaque jour on traîne,

L’énergie disparaît et se troque en cachets,

Quand fragile, avec honte, en vain on se démène.