Quand je t’ai connu, aux premiers jours, j’étais rose :

Rose qui se déploie au gré de l’émotion

En croisant ton regard, et au fil de ta prose

Rose aux joues montait en moi devant l’élocution. ..

 

Puis je suis devenue bleue. De toi,  de ton charme.

Et puis tout à fondu sur moi en pluie de coups.

Et j’étais encor bleue, à l’âme, au corps, sans arme,

Sans comprendre comment ou pourquoi, tout à coup,

 

Je devenais si noire : en moi une colère

Qui remplaçait la peine...Le sombre m’habitait

Et je n’en pouvais plus de la vaine galère

Que tu me faisais vivre ! Alors, je t’ai quitté….

 

Mais tu es revenu. Naïve j’ai voulu croire

Tes promesses,  mensonges et excuses surtout…

Alors je t’ai repris, effacé ma mémoire. ..

J’en suis verte aujourd’hui…je me rappelle tout

 

Ce que j’ai enduré. ..Et là haine est venue…

Où l’instinct de survie ? Tu gis là devant moi :

Le rouge te va si bien quand ton âme est nue

Et implore pardon avant l’ultime effroi…