La perfection n’est pas de ce monde, on le sait.

Souvent il suffit d’un tout petit grain de sable

Pour venir enrayer un destin. On essaie

De comprendre pourquoi la poussière ineffable

 

Est venue s’immiscer dans la machine qui

Pourtant auparavant fonctionnait si bien, telle

Ces beaux automates qui bougent par magie,

Emerveillent l’enfant, sans moteur ni ficelle,

 

Jusqu’au jour où soudain, quand on tourne la clé,

Les rouages refusent de le mettre en marche.

On démonte et on cherche, on s’énerve, on veut jouer,

Pourtant rien n’y fera. A jamais sa démarche

 

Ne sera plus la même : ralentie au mieux ou

Carrément immobile, il bougera peut-être,

Mais plus comme jadis. Et puis un savant fou

Un jour le trouvera et lui permettra d’être,

 

Nul ne saura comment, à nouveau merveilleux

Dans sa démarche fluide. Et il en est de même

Pour les destins de soie. Les astres dans nos yeux

Se ternissent parfois quand le grain de sable aime

 

Venir s’y immiscer. Puis on devient inquiet :

Ralenti, immobile. A quand la résurgence

Des beaux jours ? De la joie ? Et pieds et poings liés

On attend simplement que quelqu’un, en urgence,

 

Vienne pour nous aider. Le coup de main, souvent

Vient pourtant d’un ailleurs que les yeux ne perçoivent.

Bonne étoile, ange ou Dieu ? Quelque chose ou quelqu’un

Agit en secret sans qu’on ne s’en aperçoive

 

Et la vie redevient jour après jour plus douce.

La perfection n’est pas de ce monde, on le sait.

Un petit grain de sable, ou bien un coup de pouce,

Tout ne dépend de nous, penses-y et essaie

 

De marcher en confiance. Un jour ça changera.

Reste calme, attends juste que tourne la roue,

Ça arrive toujours, sois patient. Tu verras :

Rien n’est jamais figé. Alors mets-toi debout !